En Saône et Loire, la ville d'Autun, "Augustodunum", fut fondée par l'empereur Auguste qui offrit aux Eduens une nouvelle capitale, une ville conçue selon les normes romaines.
Dès sa fondation, Autun reçut le privilège d'être entourée de murs. Longue de 6 km, cette muraille est l'enceinte augustéenne la mieux conservée de France.
Autun possède encore deux portes monumentales : la porte Saint-André, à l'est, quelque peu remaniée et la porte d'Arroux, au nord, ornée d'élégants pilastres.
A proximité se trouve l'énigmatique "Temple de Janus". Nul ne sait à qui était dédié cet édifice de tradition indigène. Tout autre est l'atmosphère qui règne au théâtre romain. Ce lieu de spectacle, préservé au deux tiers, qui était le plus grand de son genre dans toute la partie occidentale de l'Empire romain, reprend vie depuis une dizaine d'année. Chaque été pour quelques soirées, ses rangées de sièges et ses voûtes moussues accueillent des milliers de spectateurs qui viennent y voir jouer l'histoire antique de la ville, dans un grand péplum intitulé "Augustodunum". Des courses de chars aux manœuvres en formation des légionnaires romains, des incantations des druides aux flacons de parfums des patriciennes, l'Antiquité y est ressuscitée.
De nombreux témoignages de la vie quotidienne à Augustodunum sont exposés au musée Rolin, dans la ville haute, qui s'enrichit constamment de trouvailles fortuites comme des résultats de fouilles menées dans la ville.
Autre chef d'œuvre, la cathédrale Saint-Lazare d'Autun, construite après 1120 pour accueillir les pèlerins qui affluaient au tombeau présumé de saint Lazare, frère de Marie Madeleine, est un haut lieu de la sculpture romane en Bourgogne. Ici aussi, toute une floraison de chapiteaux, pour la plupart figuratifs, orne les piliers de la nef. Lors des restaurations de l'église au XIXe siècle, une vingtaine d'entre eux a été remplacée par des copies. Les originaux sont maintenant bien visibles, à hauteur d'homme, dans la salle capitulaire.
La Fuite en Egypte, le Songe des Mages, l'Adoration sont les scènes les plus touchantes, plus humaines que naïves, de l'art de celui qui signa chose rarissime au Moyen Âge son œuvre maîtresse, le Jugement dernier, au tympan du portail principal : Gislebertus.
Quelques sculptures majeures, essentielles même, de la cathédrale se trouvent aujourd'hui au Musée Rolin voisin, notamment une autre œuvre de Gislebertus, Eve, le premier nu féminin de la sculpture européenne médiévale, d'une sensualité saisissante, provenant du portail nord de la cathédrale, démoli, ou était figuré le Péché originel.
Car Autun était aussi la patrie de Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne Philippe Le Bon et fondateur de l'hötel-Dieu de Beaune. Le musée qui porte son nom, installé dans l'ancien hôtel particulier du chancelier, possède une importante collection de sculptures du XV ème siècle, ainsi que d'autres oeuvres de grande qualité, dues au mécénat du cardinal Jean Rolin, fils du chancelier, qui fit également redécorer la cathédrale romane en style flamboyant.
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